Ne parlez pas d’acquis. En face, le patronat ne désarme jamais (Ambroise CROIZAT)
8 Mars 2016
Origines ouvrières et évolution internationale
L'idée d’une journée mettant en avant la lutte des femmes pour l’égalité des droits est née au cœur du mouvement ouvrier révolutionnaire du début du XXème siècle. Des femmes en lutte pour leurs droits exigent, en Amérique comme en Europe, qu’une journée de manifestations soit dédiée à leur combat pour l’égalité.
C’est en 1909, à l’appel du Parti Socialiste américain, que la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des États - Unis, le 28 février.
Outre Atlantique, la socialiste allemande Clara Zetkin* obtient le 27 août 1910, lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, que «la journée de la femme» soit reconnue en tant que journée d’action internationale, centrée sur l’exigence du droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail.
*Clara Zetkin (1857-1933) enseignante, journaliste et femme politique marxiste allemande, figure historique du féminisme socialiste.Elle participa avec Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht à la création en 1915 de la Ligue spartakiste et mena de nombreuses actions pacifistes.
La première Journée internationale des femmes est célébrée l'année suivante, le 19 mars 1911. C’est un succès : plus d'un million de personnes manifestent au Danemark, en Allemagne, en Autriche et en Suisse.
La France, les Pays-Bas et la Suède y participent en 1912 avec des manifestations pour le droit de vote des femmes, pour la protection sociale des travailleuses et des femmes enceintes et pour la journée de travail de huit heures.
A la veille de la Première Guerre mondiale, les femmes russes ont célébré leur première "Journée internationale de la femme" le dernier dimanche de février 1913. Dans les autres pays d’Europe, les femmes ont tenu des rassemblements pour protester contre la guerre.
Ce n’est qu’à partir de 1917 , avec l’insurrection des ouvrières de Saint Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met en place.
En 1921, pour leur rendre hommage, Lénine officialise la «Journée de la femme» le 23 février du calendrier grégorien (8 mars du calendrier julien), dans la toute nouvelle URSS. L’Union soviétique donne le droit de vote aux femmes, garantit un salaire égal et l’égalité professionnelle.
Après 1945, la «Journée internationale des femmes» devient une tradition dans le monde entier. L’URSS de Staline puis les pays du bloc de l’Est dénaturent totalement le sens de cette journée, la réduisant à une glorification de la figure maternelle de la femme. Staline a en effet fait disparaître tous les acquis des femmes russes issus de la révolution de 1917.
Dans les pays occidentaux, les mouvements féministes se réapproprient cette date dans les années 70. Ils en font une journée de revendication pour la libération de la femme et le droit à l’avortement.
La «Journée de la femme » devient alors définitivement la «Journée internationale des droits des femmes», repositionnant ainsi clairement cette date au sein de la lutte pour l’égalité et l’émancipation.
Cette journée est reconnue officiellement par les Nations Unies en 1977 et par la France en 1982.
Au regard de son histoire, il est donc important de se remémorer les combats des femmes qui ont imposé cette journée internationale voici plus d’un siècle : elles luttaient pour l’égalité des droits, pour l’émancipation de tous les êtres humains, pour la paix, pour la solidarité internationale des travailleuses et des travailleurs. Des combats qui demeurent totalement d’actualité.
La CGT revendique ...
Le droit à l'égalité entre les femmes et les hommes, au travail et dans la vie.
La CGT agit pour la liberté pleine et entière des femmes, pour la promotion de représentations positives des femmes au travail, dans la société, dans l’histoire.
• L’égalité dans l’emploi, la carrière, la formation continue, la santé, la vie personnelle, la retraite ;
• Une réelle mixité des filières de formation initiale. L’école doit jouer un rôle dans la lutte contre les stéréo-types sexuels ;
• L’égalité d’accès à la formation continue qualifiante pour toutes les catégories professionnelles
• L’interdiction du temps partiel imposé et de toute forme de précarité des femmes ;
• Un véritable déroulement de carrière et un accès aux postes à responsabilité pour toutes les femmes ;
• L’application effective du principe "à travail de valeur égale, salaire égal" par la reconnaissance des qualifications des femmes ;
• Un vrai partage des temps sociaux : vie professionnelle, familiale et sociale ;
• Le droit à un environnement de travail sans pression sexiste, sans harcèlement et sans violences sexuelles ;
• Une organisation du travail qui ne repose plus sur une division sexuée du travail ;
• Le respect du droit pour les femmes à disposer de leur corps et le respect du droit à l'avortement.