Ne parlez pas d’acquis. En face, le patronat ne désarme jamais (Ambroise CROIZAT)
20 Novembre 2025
Budgets de l'État et de la Sécu : d'autres choix sont possibles
PLF, PLFSS… Derrière ces sigles se cache en réalité une question simple : le partage des richesses produites par notre travail. Une fois encore, le gouvernement a fait son choix, celui des très riches et des grandes entreprises. D’autres solutions existent.
Les débats parlementaires se concentrent en ce moment sur deux thématiques importantes :
le budget de la Sécurité sociale (avec le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, « PLFSS »), principalement financé par les cotisations sociales, qui couvre les aléas de la vie : santé (assurance maladie), vieillesse (retraites), familles (CAF), autonomie, accidents du travail…
le budget de l’État (avec le projet de loi de finance, « PLF »), principalement financé par l’impôt, qui couvre le financement des services publics, le bien commun de toute la population.
Au prétexte d’une situation budgétaire « catastrophique », le gouvernement propose dans les deux cas un projet d’une violence sociale sans précédent, encore pire que le budget Bayrou, faisant payer les plus démuni·es et les malades pour préserver sa politique de cadeaux aux grandes entreprises et aux ultra-riches.
L’objectif du gouvernement est simple : la destruction de notre modèle de Sécurité sociale. Le budget Lecornu est un véritable plan d’austérité contre les travailleur·ses et les plus précaires :
Des mesures qui frappent de plein fouet les salarié·es malades ou accidenté·es
Des mesures qui augmentent la participation financière des patient·es
Des attaques directes contre les retraité·es et les plus précaires
Risque de maintien d’un énième projet de réforme de l’assurance chômage
En réalité, il n’y a pas un problème de dépenses pour la Sécurité sociale, mais de recettes. Au prétexte de favoriser l’emploi, les gouvernements successifs ont favorisé les exonérations de cotisations sociales et limité les recettes, mettant en péril le financement de la Sécurité sociale.
La CGT a proposé un ensemble de mesures permettant de résoudre le manque de recettes, et de financer entre autres l’abandon de la réforme des retraites :
- suppression progressive des 80 milliards d'euros d’exonérations de cotisations sociales dont 5,5 milliards qui ne sont pas compensés par l’État et qui participent aux trappes à bas salaires ;
- mise en place d’une véritable égalité salariale femmes-hommes : au minimum 6 milliards d’euros ;
- élargissement de l’assiette des cotisations pour y intégrer toutes les primes, l’intéressement et la participation : 4,4 milliards d’euros ;
- augmentation du forfait social sur les dividendes (alignement sur les cotisations dites patronales) : 10 milliards d’euros minimum ;
- lutte contre le travail illégal : manque à gagner de 6 à 8 milliards d’euros de cotisations retraites…