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Union Locale CGT La Ciotat

Ne parlez pas d’acquis. En face, le patronat ne désarme jamais (Ambroise CROIZAT)

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L’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône réagit aux déclarations du candidat du Rassemblement National à la mairie de Marseille.

L’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône souhaite réagir aux déclarations du candidat du Rassemblement National dans le cadre de la campagne des élections municipales à Marseille.

Derrière les slogans “pro-business” et “pro-pouvoir d’achat”, derrière les effets d’annonce, il est indispensable de rappeler la réalité des actes et des votes qui, eux, ne relèvent pas de la communication mais de choix politiques concrets.

En janvier 2026, lors de l’examen du projet de loi de finances, les députés du Rassemblement National ont fait adopter un amendement visant à réduire de près de 4,9 milliards d’euros la Dotation Globale de Fonctionnement versée aux collectivités territoriales. Cette dotation constitue pourtant la ressource principale des communes, des intercommunalités, des départements et des régions. Réduire de manière massive ces moyens, c’est affaiblir les services publics locaux, c’est limiter la capacité d’investissement des villes, c’est fragiliser l’école, les transports, la rénovation urbaine, la solidarité, c’est contraindre encore davantage les municipalités déjà sous pression budgétaire.

Comment prétendre défendre Marseille tout en soutenant une politique qui prive les collectivités de leurs moyens d’action ?

Tout comme le pouvoir d’achat qui ne se défend pas avec des formules accrocheuses mais par des décisions claires.

Or, les députés du Rassemblement National ont voté contre :

• l’augmentation du SMIC à 1 500 euros,

• l’indexation des salaires sur l’inflation,

• le gel des loyers,

• la revalorisation des minima sociaux au niveau du seuil de pauvreté,

• la création d’une garantie d’autonomie pour les étudiants.

Ces choix traduisent une orientation politique précise qui ne correspond ni aux intérêts des travailleurs, ni à ceux des précaires, ni de la jeunesse.

Marseille est une ville populaire, une ville ancienne et fière de son histoire, une ville façonnée par le commerce, par le port, par l’industrie, par le travail. Elle n’est pas un décor, ni un terrain d’expérimentation pour des projets destinés uniquement aux souhaits et aux intérêts des milliardaires.

Lorsque le candidat du Rassemblement National évoque la transformation des Bassins portuaires de Marseille en marina de la Joliette à la tour CMA, il révèle une vision fondée sur la spéculation immobilière et des marinas de prestige.

Cette orientation menace directement l’équilibre industrialo-portuaire de la ville et les 17 000 familles qui vivent de cette activité historique.

Au-delà des fantasmes et des discours féeriques sur l’évolution du domaine public maritime, notamment concernant les Bassins de la Joliette, le port de Marseille n’est pas un espace à privatiser, même symboliquement. Il doit être préservé, car il constitue une frontière stratégique, un outil de souveraineté économique, un levier industriel majeur et un Bassin d’emplois structurant pour toute la région.

Il est également au coeur des échanges culturels et humains. Il incarne ces liens vivants à travers les voyageurs maritimes en provenance de Corse, du Maghreb et des croisières, qui participent de manière déterminante au dynamisme économique, à l’attractivité et au rayonnement international de la ville.

Les travailleuses et les travailleurs du port, de la logistique, de la réparation navale, de l’énergie et de l’industrie ne peuvent être relégués à des variables d’ajustement, derrière des projets de façade.

Développer Marseille ne signifie pas effacer son identité productive, cela signifie, au contraire, investir dans ses installations afin de renforcer sa capacité industrielle, d’accélérer sa modernisation écologique et de conduire une décarbonation maîtrisée, créatrice d’emplois.

Au-delà des discours et des instrumentalisations médiatiques, notamment après les événements tragiques récents à Lyon, il est essentiel que les travailleurs prennent de la hauteur.

L’extrême droite prospère sur la division et sur le détournement des colères légitimes vers des boucs émissaires plutôt que vers les véritables responsables des inégalités sociales, issues des logiques et des politiques libérales et capitalistes auxquelles elle appartient. À ce titre, elle s’appuie sur des groupuscules ultra-violents, condamnés à de nombreuses reprises, qui incarnent cette ligne politique raciste, antisémite, homophobe et profondément inégalitaire, notamment hostile aux droits des femmes.

À l’inverse, défendre l’intérêt général, les services publics, les salaires et la dignité de celles et ceux qui produisent la richesse n’a rien d’extrême, c’est au contraire le fondement même du progrès social.

L’avenir de Marseille ne réside ni dans la spéculation immobilière, ni dans une politique tournée vers les ultra-riches. Il réside dans la pérennité des emplois industrialo-portuaires, dans l’investissement public, l’amélioration des conditions de travail, l’augmentation des salaires et dans une transition écologique planifiée qui ne sacrifie pas l’emploi mais qui le renforce.

Travailleuses et travailleurs, précaires et retraités de Marseille et du département, ne soyons pas aveuglés par une communication trompeuse, économiquement irréaliste et socialement dangereuse.

Exigeons des politiques cohérentes, exigeons des moyens pour nos services publics, exigeons des choix clairs en faveur du monde du travail.

La CGT continuera à défendre l’emploi, les salaires, les retraites, l’industrie, les services publics et la justice sociale.

Tous ensemble, organisés et mobilisés. Tous ensemble avec la CGT.

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