D’ordinaire, le printemps est la période où fleurissent, certes, les arbres, mais aussi les luttes contre les baisses des moyens dans nos établissements. On peut apercevoir alors des pétitions, des banderoles dont les lettres rouges crient le manque de moyens, des occupations d’écoles et des blocages d'établissements, des grèves locales et même des élu·es venant mouiller leur écharpe tricolore dans la sueur de la mobilisation.
Ce printemps ne déroge pas à la règle et pourtant, il porte une potentialité autrement plus subversive. Alors qu’habituellement ces luttes printanières restent isolées et ne permettent que des victoires arrachées au prix d’une mise en concurrence entre établissements, le mouvement actuel s’en différencie par son caractère collectif.
Alors que Marseille est menacée par une vague électorale aux tons bruns, c’est de ses lycées qu’est venue l’étincelle. Depuis plus de deux semaines déjà, des lycées marseillais se mobilisent. Lycéen·nes, personnels, parents. Grèves, pétitions, blocages. Et puis, la convergence, la coalition des colères. On ne réclame plus seulement des moyens pour son établissement. Puisque nous souffrons tous·tes des mêmes manques et des mêmes politiques, autant s’associer pour les combattre collectivement.
A Marseille, quelque chose se lève et une évidence s’impose : on ne défend plus seulement ses moyens, on défend un sens. Celui des services publics et plus largement d’une société émancipée des subordinations aux objectifs d’un capitalisme guerrier et fascisant.
Ce qui se joue aujourd’hui à Marseille n’est pas une crise passagère : c’est une alerte. Et cette alerte, elle déborde déjà et s’étend aux collèges et aux écoles du département !
Le 26 mars ne doit pas être une date de plus. Ce doit être un point de bascule.
Dans les Bouches-du-Rhône, l’appel à une grève massive trace une perspective claire : sortir de l’isolement, refuser l’éparpillement des colères, transformer l’indignation en force collective. Ce qui se prépare ici peut et doit dépasser les frontières départementales parce que la réalité marseillaise n’est pas une exception mais un miroir. Partout, la lassitude grandit mais à Marseille cette lassitude se transforme en mouvement.
Il y a, dans ces blocages, dans ces assemblées, dans ces grèves, une énergie qui ne demande qu’à s’étendre. Une énergie lucide, déterminée, profondément politique au sens noble : celui de la défense du bien commun. Ce qui se joue ici, ce n’est pas seulement l’avenir des établissements mobilisés. C’est celui de l’école publique dans son ensemble.
Alors oui, il faut que le 26 mars devienne un appel national. Non pas comme un slogan de plus, mais comme une nécessité.
Ce qui commence à Marseille peut faire tache d’huile. Et ce ne serait pas une première ! Il y a certes 2003 et le mouvement contre la réforme des retraites Fillon qui avait démarré dans les écoles, collèges et lycées marseillais avant de s’étendre au reste du pays. Mais il y a aussi, plus près de nous, le mouvement des AED de 2020/2021 qui était parti des précaires marseillais pour devenir national sous l’impulsion de la CGT et de Sud avant d’aboutir à une belle victoire !
Le moment est là. Il ne durera pas éternellement. Afin qu’il ne s’éteigne pas dans l’usure et l’isolement nous devons l’amplifier et le structurer et imposer enfin un rapport de force à la hauteur des enjeux.
Marseille et ses lycées ont fourni l’étincelle. À nous de faire en sorte que le feu prenne.
L’Intersyndicale Education des Bouches du Rhône appelle à la
grève le jeudi 26 mars
11h : rassemblement aux réformés et manifestation jusqu’à la DSDEN
14h : AG des personnels en lutte à la Bourse du Travail pour décider des suite