Ne parlez pas d’acquis. En face, le patronat ne désarme jamais (Ambroise CROIZAT)
17 Juin 2022
Pour éviter la banqueroute d’EDF et l’explosion des factures des usagers, des mesures réalisables s’imposent et elles existent !
La flambée des prix de l’énergie durablement installée depuis cet automne et vouée à perdurer, contribue gravement à la baisse du pouvoir d’achat de nos concitoyens. Elle impacte de facto tous les produits manufacturés.
Ce 15 juin 2022, le Comité Social Économique Central d’EDF SA, en conférence de presse, a rendu public les conclusions du Droit d’Alerte Économique, déposé par les représentants du personnel, qui conduisent à 2 scénarios possibles :
- Précipiter EDF dans le gouffre, avec une situation financière qui rendrait la réorganisation inévitable pour mieux la dépecer sans pour autant contenir l’augmentation des factures : Scénario Gouvernement
- Prendre des mesures de toute urgence, et prévues par le cadre réglementaire, pour faire face à cette situation en agissant, tant sur les factures des citoyens que pour préserver le fleuron industriel qu’est EDF : Scénario du CSEC EDF SA
La FNME-CGT met en garde contre toute fausse « bonne idée » de nationalisation à la sauce Macron, qui n’apportera aucune solution de moyen et long terme pour tous les usagers : particuliers, professionnels, industriels, collectivités … La Nationalisation OUI, mais une nationalisation totale qui permette de mettre à bas les pilleurs financiers qui n’apportent rien à la collectivité si ce n’est des dividendes à leur actionnaires.
La FNME-CGT soutient les propositions de mesures d’urgence portées par les représentants du personnel du CSEC d’EDF :
- Suspension immédiate de l’ARENH (Accès Régulé à l'Electricité Nucléaire Historique) en faisant valoir la situation exceptionnelle
- 100% de la production nucléaire et hydraulique mise à disposition à 60 euros/MWh couvrant les coûts de production et d’investissement, sécurisant ainsi les résultats d’EDF. Par voie de conséquence le nouveau calcul du TRVE (Tarif Réglementé de Vente de l’Electricité, basé sur 80% des volumes d’électricité) serait limité à + 16% sur 2023, au lieu de 35 à 40 % d’après les propositions de la Commission de Régulation de l'Energie.
La FNME-CGT exige également le passage de la TVA à 5,5% comme pour tout produit de première nécessité. L’addition de ces dispositions permettrait ainsi la stabilité du tarif de l’électricité.
Ces 3 leviers sont immédiatement applicables, conformes aux règles européennes actuelles, permettent une stagnation de la facture dès 2023 et sécurisent les investissements nécessaires sur le parc de production actuel.
A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles !
L’Espagne et le Portugal l’ont fait, pourquoi pas la France !
Les interconnexions qui permettent les échanges physiques d’électrons, dans un cadre de solidarité technique, n’ont pas été suspendues avec la péninsule ibérique malgré cette sortie « temporaire » du marché.