Ne parlez pas d’acquis. En face, le patronat ne désarme jamais (Ambroise CROIZAT)
16 Mars 2024
En supprimant 1,1 milliard du budget pour le travail, le gouvernement contribue à affaiblir les missions de contrôle et ce, en parfaite adéquation avec la chasse aux normes déjà en cours et visant à donner plus de liberté au capital pour exploiter le travail.
Ainsi, c’est l’équivalent de 130 000 aides à l’embauche d’apprenti·es, soit un poste d’apprenti·e sur trois supprimé dans l’enseignement secondaire.
Par ailleurs, alors que plus de quatre millions de salarié·es n’ont déjà pas accès au service public de l’Inspection du travail et que les chiffres du nombre d'accidents et même de morts au travail sont alarmants, le ministère vient d’annoncer la suppression de 100 recrutements.
Ce programme permet d’assurer le financement notamment :
Le projet de France Travail a pour ADN d’obliger les chômeur·ses e à accepter n’importe quel emploi en limitant leur accès à l’assurance chômage. Alors que les réformes de l’assurance chômage de 2021-2023 visaient déjà à réduire les durées d’indemnisation – notamment en cas de meilleure condition économique –, aujourd’hui, les perspectives économiques s’assombrissent et pourtant le gouvernement cherche à diminuer le budget d’indemnisation des demandeur·ses d’emploi.
→ 200 millions sur le compte personnel de formation (CPF) ;
→ 200 millions sur les niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage (NPEC) ;
→ 150 millions sur le plan d’investissement des compétences.
Le gouvernement a décidé d’instaurer un reste à charge sur le CPF qui a été imposé sans la moindre concertation avec les organisations syndicales, concertation pourtant annoncée par l’ancienne ministre déléguée Carole Grandjean.
En effet, cela va avant tout pénaliser les salarié·es les plus fragiles, celles et ceux dont les salaires sont déjà insuffisants pour bien vivre. Elles et ils seront les plus impacté·es, alors que ce sont celles et ceux qui ont le plus besoin de se former.
Avant l'annonce des 200 millions de baisse du budget des niveaux de prise en charge (NPEC) des contrats d’apprentissage, deux autres baisses ont déjà été enregistrées :
Ces premières diminutions ont été mises en œuvre par le gouvernement malgré le vote contre du conseil d’administration de France compétences des 5 organisations syndicales, 3 organisations patronales et de Régions de France.
Sur l’apprentissage, il serait plus juste de travailler sur le bien-fondé de l’aide exceptionnelle à l’embauche d’apprenti·es qui est aujourd’hui versée à toutes les entreprises quelle que soit leur taille, ce qui représente le montant faramineux de 4 milliards d’euros chaque année.
Ces aides devraient être conditionnées à des critères sociaux, notamment en fonction de la taille des entreprises, de leur secteur d’activité, de la qualité de l’accompagnement et de la qualité de la formation.
Le financement des PRIC était en moyenne de 60 % par la région et 40 % par l’État, le désengagement de l’État pèsera donc essentiellement sur les régions.
On note :
Les baisses de budget en matière de formation professionnelle vont à rebours des nécessités de mutation de notre tissu économique pour s’adapter aux transitions environnementales et numériques.