Ne parlez pas d’acquis. En face, le patronat ne désarme jamais (Ambroise CROIZAT)
9 Décembre 2023
Le collectif uni.e.s contre l'immigration jetable (UCIJ 2023) s'oppose à la politique discriminatoire du gouvernement, fondée prioritairement sur le soupçon et la répression en matière de migration et d'asile. Il revendique une politique migratoire d'accueil digne et le respect des droits de toutes et tous.
Des rassemblements sont prévus les lundis 11 et 18 décembre.
Il y a 40 ans, des marcheurs issus des quartiers populaires de grandes villes françaises arrivaient à Paris pour dénoncer le racisme et défendre l'égalité des droits. 40 ans après, ce combat est toujours d'actualité.
Après son passage au Sénat, le projet de loi asile immigration tel qu'adopté s'inspire des pires idées d'extrême-droite sur les personnes étrangères. Au vu de la teneur des débats, la haine de l'autre, le racisme et la xénophobie ont désormais toute leur place dans les enceintes du Parlement.

Le projet initial était déjà synonyme de précarité aggravée des étrangers·ères y compris celles et ceux ayant des papiers. La version du texte votée par le Sénat a durci considérablement le projet initial.
Si le texte était voté en l'état, ce serait sous prétexte de motivations aussi floues et flottantes que le "non respect des principes républicains" ou de "menace pesant sur l'ordre public" :
Les droits des étrangers·ères en général seraient fortement restreints et aucune solution acceptable ne serait apportée à la situation des milliers de personnes sans-papiers, en particulier grâce à leur régularisation.
En revanche, les dispositifs disponibles pour les précariser, les réprimer et les expulser seraient, eux, renforcés.
L'article 3 qui prévoyait un titre de séjour de plein droit dans les métiers en tension a été supprimé par le Sénat.
Pour le collectif UCJ 2023, ce dispositif faisait craindre la possibilité de rendre la ou le salarié·e captif·ve de son employeur pour longtemps. Quant à la prétention du projet d'enlever des mains des patrons la régularisation, le texte sorti du Sénat obligera les préfectures à vérifier la réalité du travail auprès des employeurs. Et aucun d'entre eux n'aura intérêt à avouer à l'État qu'il utilise de la main-d'œuvre sans-papiers.
Par ailleurs, les jeunes majeur·es recevant une obligation de quitter le territoire Français (OQTF) se verraient systématiquement privé·es de la possibilité de bénéficier d'un contrat jeune majeur·e et les 0QTF, accompagnées dans un nombre grandissant de cas d'interdiction de revenir sur le territoire (IRTF), seraient rendues encore plus faciles et même systématiques notamment pour les personnes déboutées du droit d'asile sans même vérifier qu'elles sont expulsables ce qui aggravera le nombre de personnes dites ni-ni, c'est à dire ni régularisables et inexpulsables privées de tous leurs droits.
Aussi, afin de demander le retrait du projet de loi Darmanin, le collectif appel à la mobilisation :
Lundi 11 décembre 2023 à Paris de 13h à 16h devant l'Assemblée nationaleSigner l'appel soutenu par plus de 400 collectifs, associations et syndicats
Organisations syndicales :
CGT, FNVRP - CGT, CGT Ensemble des Personnels d'insertion 59/62, CNT-Solidarité Ouvrière, Confédération Paysanne, FO FNAS France terre d'asile, FSU, Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), Syndicat de la Magistrature, Syndicat des Avocats de France, Syndicat SEST Lorraine CNT, Union Syndicale Lycéenne des Bouches-du-Rhône (USL 13), Union syndicale Solidaires, Fédération SUD Santé-Sociaux, Solidaires 09, Solidaires 31, Solidaires 35, Solidaires 94, Solidaires étudiant-e-s Sorbonne Université, SUD Education 35, SUD Emploi Bretagne.