Ne parlez pas d’acquis. En face, le patronat ne désarme jamais (Ambroise CROIZAT)
15 Janvier 2024
Nous disons aux femmes “tu n'y es pour rien, je te crois” et c'est cette parole qu'on devrait entendre au sommet de l'État

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT était l'invitée de France Info le mardi 9 janvier. L'occasion de revenir sur l'importance de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. (Partie 3/3 de l’interview)
On ne peut pas, dans le même temps dire aux femmes, et les culpabiliser quand elles ne le font pas, qu'il faut qu'elles parlent, qu'il faut qu'elles aillent porter plainte et dans le même temps, défendre les agresseurs dès lors qu'il s'agit d'hommes puissants.
C'est ce double discours du président de la République et de tous les défenseurs de Depardieu qui tentent de le disculper au prétexte que c'est un grand acteur. Oui, on peut être un grand acteur et être un agresseur sexuel.
La présomption d'innocence est très importante et la CGT y est très attachée dans le cadre du procès pénal. Aujourd'hui, la présomption d'innocence est instrumentalisée pour museler les victimes, pour les empêcher de se déclarer victimes et pour nous empêcher d'être solidaires.
Les soutiens de Gérard Depardieu sont soit des personnes issues de l'extrême droite et qui ont rédigé la tribune de défense de l'acteur, soit des agresseurs sexuels. Dans cette tribune, il y a un certain nombre de personnes qui aujourd'hui sont mises en cause pour agression sexuelle et c'est très révélateur.
Pour rappel, en France, depuis 2017 ce sont 844 féminicides ayant fait plus de 1000 enfants orphelin∙es qui ont été commis par un conjoint ou un ex conjoint. Le nombre de femmes victimes de violences dans le couple et les enfants qui en subissent les conséquences ne diminue pas (213 000 par an) tout comme les viols ou tentatives (94 000 par an). La quasi-totalité des agresseurs sont des hommes (97,3%).
Le mot d'ordre dans les rassemblements : « gardez votre vieux monde, nous en voulons un sans violence sexiste et sexuelle »