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Union Locale CGT La Ciotat

Ne parlez pas d’acquis. En face, le patronat ne désarme jamais (Ambroise CROIZAT)

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manif 29 juin 2009

 

Mobilisation LE 29 JUIN CONTRE LA REPRESSION SYNDICALE ?
manifestation le 29 juin 13h30 vieux port

 

Alors que les conflits sociaux continuent de s’accentuer contre les choix politiques, contre les choix patronaux, nous assistons à une criminalisation de l’action syndicale rarement égalée depuis ces dernières années.

Si la politique menée par ce gouvernement est largement contestée dans la période, ces méthodes doivent l’être autant.

Méthodes qui favorisent l’exclusion (sans papiers, chômeurs, retraités, jeunes) par le "tout sécuritaire" et le "tout profit" pour les entreprises.

Ces choix politiques vont à contre sens des discours officiels :

Lutte contre le chômage :

- abrogation des 35 H,

- augmentation de l’âge de départ à la retraite,

- délocalisations massives, restructurations,

- privatisations des Services Publics.

Lutte contre la pauvreté :

- exclusion des logements,

- pas d’augmentation significative du SMIC, des pensions de retraite,

- explosion des contrats précaires,

- immigration choisie, immigration jetable,

- R.S.A.

Pour certains c’est la crise, pour d’autres c’est le loto tous les jours : stocks options, parachutes dorés, cadeaux fiscaux, primes mirobolantes.

CE N’EST PAS AUX SALARIES DE PAYER LA CRISE, NOUS LE CHANTONS DANS NOS MANIFESTATIONS ET CONTINUERONS DE LE CHANTER

Ces slogans sont largement repris dans les entreprises. En découlent les mobilisations nombreuses depuis des mois.

C’est le cas à ADOMA, au Port, à la Réparation Navale, à EDF, à La Poste et dans de nombreux autres secteurs.

Au lieu de répondre aux revendications, gouvernement et patronat font le choix de la répression.

Convocations au poste de police, gardes à vue de militants syndicaux, sanctions disciplinaires, tentatives de licenciement, tribunaux etc… sont devenus le lot quotidien de salariés et de militants.

Témoignages de syndicalistes :

Question à charles hoareau dirigeant de la cgt 13 en charge du dossier adoma

Q : A ton avis, pourquoi une telle volonté de répression et quel lien avec le fond du dossier Adoma ?

Charles HOAREAU : Tout d’abord je voudrais dire que mon souci dans cette affaire ce n’est pas ce qui m’arrive mais ce qui arrive aux salarié-e-s car c’est le fond de l’affaire : qui sont ceux qui ont porté plainte et pourquoi ils l’ont fait ?

- Le fond de l’affaire c’est qu’il y a 18 mois que des salariés sont dans un vide juridique, ni licencié-e-s, ni salarié-e-s, littéralement mis à la porte, par le donneur d’ordre ADOMA (ex-SONACOTRA où l’Etat est majoritaire), celui-ci ayant décidé de se débarrasser de salariés qui lui avaient imposé 11 embauches l’année d’avant.

- Le fond de l’affaire c’est que des associations dites d’insertion, des régies des quartier, se sont rendues complices de la manœuvre au nom de leur vocation sociale. Avec l’aide des pouvoirs publics, elles font travailler, via le RSA et des emplois aidés pour chômeurs longue durée, des salarié-e-s qui touchent entre 500 et 700€ en lieu et place de salarié-e-s qui en touchaient le double !

- Le fond de l’affaire c’est que les pouvoirs publics (Etat et Conseil Général), financeurs et décideurs d’ADOMA et des régies, ne sont jamais intervenus pour faire avancer le dossier alors qu’ils se sont engagés à de multiples reprises à le faire.

- Enfin, alors que nous voulions une solution négociée, nous avons été contraints par nos adversaires à aller devant la justice et depuis, malgré 7 décisions de justice en notre faveur, malgré des astreintes et les condamnations pour résistance abusive, les salariés n’ont été ni réintégrés, ni payés.

Le problème c’est que dans une affaire dont le coût s’élève pour l’instant à près de deux millions d’euros il va bien falloir finir par payer ce qui est dû aux salariés.

Pour tenter d’éviter cela, le 7 avril, dans une audience (la 19ème !) qui a décidé d’un énième report, (ce qui a provoqué une colère légitime des salariés,) nos adversaires ont cherché à tout prix un incident qui n’est pas venu…Et alors ils l’ont inventé ... afin de nous détourner du fond de l’affaire.

C’est bien connu quand on ne peut pas critiquer un combat, on tente de le discréditer en s’attaquant aux personnes qui le portent.

Les plaintes intervenant dans un contexte de criminalisation de l’action militante, le pouvoir a tenté de faire un exemple car ce qui était visé c’était la comparution immédiate et la sanction qui n’aurait pas manqué d’aller avec.

Pourquoi est-il important de se mobiliser le 29 juin contre la répression ?

C.H. : Il faut bien comprendre que je passe en correctionnelle et je risque pour une accusation sans preuve et sans témoin 6 mois de prison ferme !!

Et quelle accusation ? " Menace de délit réitéré ayant entraîné une ITT de moins de 8 jours ".

En clair je suis accusé d’avoir dit à M. Le Mons, directeur de régie : " Je t’aurai, je t’aurai.. " ce qui a entraîné chez lui un arrêt de travail pour " choc psychologique " (sic !) de 4 jours !

On se rend compte à ce simple énoncé de ce que ça représente pour les libertés en général qu’une telle audience ait lieu !

Demain n’importe quel syndicaliste accusé sans témoin dans un conflit du travail pourra se retrouver en correctionnelle pour une accusation la plus farfelue qu’il soit !

Même si ce que l’on me reproche était vrai, cela ne justifie absolument pas les mesures prises !

De plus la police, à la demande du Parquet, a fait entendre 6 témoins, dont l’avocat des salarié-e-s (l’avocat des régies, prudent, ayant refusé de témoigner) qui ont tous confirmé ma version des faits.

L’enjeu du 29 est là : dénoncer une justice à deux vitesses qui frappe celles et ceux qui relèvent la tête.

De ce point de vue la liste des personnalités nationales diverses et reconnues qui ont tenu à être présentes dans le comité de soutien est une première réponse, les 2000 signatures en 2 jours de la pétition " Ils ne nous feront pas taire ! " en est une autre. Notre présence massive le 29 sera un moyen de dire stop à la criminalisation de l’action militante.

Question à Jean Luc BOTELLA, Secrétaire de la CGT Poste 13

Q : A ton avis, pourquoi une telle répression des acteurs du mouvement social ? Quel lien avec les conflits actuels sur le département ?

J-L. B : Il est évident que le patronat a durci le ton. La répression est devenue le maître mot de la revendication patronale.

La période : la crise et un gouvernement ultra capitaliste avec un président hyperactif, et qui assume, renforcent la détermination des patrons.

Il est évident qu’ils sont en confiance.

Et à la Poste nous avons une attitude que nous ne connaissions pas :

- huissier en permanence autour des grévistes et militants,

- enquêtes disciplinaires sur des syndicalistes et grévistes sous de faux prétextes,

- grévistes traînés au tribunal,

- comportement arrogant et provocateur des cadres dirigeants,

- retrait de la totalité des jours de grève le plus rapidement possible et fiches de paie à zéro,

- mise en place des réorganisations alors que les agents sont en grève,

- remplacement des positions de grévistes par des intérimaires.

La Poste fait durer un maximum de temps les conflits ; les 5 derniers ont dépassé les 30 jours de grève.

La Poste a un projet de privatisation soutenue par le gouvernement et cela doit passer coûte que coûte, au détriment des femmes et des hommes et de la qualité de service.

Le prétexte de la crise et de l’augmentation du chômage met La Poste en position de force sur l’idée qu’il faut se serrer la ceinture et être solidaires, les salariés devraient faire des "efforts".

Q : Pourquoi est-il important de se mobiliser le 29 juin contre la répression ?

J-L. B : Le 29 juin est l’occasion de montrer à l’adversaire que nous ne craignons ni les pressions ni la répression et qu’ils ne nous empêcheront jamais de parler.

Ils veulent nous empêcher de résister, de parler et de lutter.

Nous devons défendre le droit d’expression, la liberté de penser et de ne pas être d’accord.

Le 29 juin c’est tous ensemble que nous devons inverser la pression et montrer au gouvernement et patronat que c’est par un véritable dialogue social que nous trouverons des solutions et non par la répression.

Question à Gilbert BENAMOU, du syndicat Marseille EDF Ville

Q : Pourquoi une telle répression syndicale ?

G.B : La crise économique qui secoue l’économie mondiale a fait éclater au grand jour les effets pervers des politiques libérales qu’affectionnent tout particulièrement les puissants de ce monde.

Cette crise sert souvent de prétexte à certaines entreprises, complices du gouvernement, pour licencier par milliers d’honnêtes travailleurs jugés “de trop”, pour préserver de confortables bénéfices.

Aussi, de nombreux salariés en lutte depuis des mois buttent sur patronat et un gouvernement qui voient d’un mauvais œil la défense de l’intérêt collectif et du Service Public, à une époque où les affairistes voudraient que le chacun pour soi devienne la norme.

De plus, les grèves de 1995 ont révélé qu’une grève visible et durable, devient de plus en plus populaire puisque cela tend à démontrer que les dirigeants laissent pourrir volontairement la situation et sont à l’origine de la longueur du conflit.

Ils ne l’ont pas oublié, ils doivent donc faire vite…

L’enjeu pour le patronat est le suivant :

comment faire pour ternir l’image du syndicalisme en France voire même le tenir responsable de tous les maux afin de mieux cacher ses réelles intentions : casser l’ensemble des statuts des salariés français ?...

Et pour cela, tous les moyens sont bons : dénigrement, diffamation, humiliation, mensonge voire criminalisation !

Jouer sur les peurs et faire douter, voilà les vrais objectifs de la répression.

La répression sous toutes ses formes…

La première de ses formes ne consisterait-elle pas à minimiser, à nier, à occulter le mécontentement, ou pire encore, à faire croire qu’on comprend le désarroi tout en continuant les régressions sociales à vitesse grand V ?

Mais la plus médiatique reste quand même l’arrestation et la garde à vue de syndicalistes !

Car même si aucune raison sérieuse ne justifie de telles méthodes, l’effet visuel reste intact !

Il est important de mesurer les buts recherchés. Tout d’abord, occuper le corps militant à mobiliser et défendre le(s) camarade(s) incriminé(s), pendant qu’on est occupé à cela, on ne fait pas autre chose.

Notons que dans de nombreuses affaires le patronat emploie de tels moyens, engage des frais de justice… quitte à perdre, ce qui démontre que l’argent existe pour casser les droits des salariés (exemple des 6 militants CGT EDF GDF Valence trainés au tribunal le 30 avril dernier à qui la direction a demandé 1 euro, oui, oui, vous avez bien lu, de dommages et intérêts pour avoir soi-disant saccagé des locaux !)

Ensuite, appliquer la stratégie d’inversion des rôles : faire passer pour des délinquants ceux qui luttent pour défendre les intérêts des salariés ; faire croire que les salariés se radicalisent pour tenter de masquer l’arrogance des patrons qui prédomine dans les entreprises.

Ces méthodes visent toujours à semer le doute dans l’esprit des salariés en jetant le discrédit sur les représentants qu’ils ont élus pour défendre leurs intérêts.

De plus, pendant que l’opinion publique a les yeux rivés sur ces affaires, gouvernement et patronat ont le champ libre pour enchainer leurs attaques envers le modèle social français. Et les Services Publics font partie de ce modèle…

" Savoir dissimuler est le savoir des rois " disait le Cardinal de Richelieu.

Main dans la main, gouvernement et patronat donnent l’illusion d’être inflexibles et de continuer, comme si de rien n’était, à dérouler leurs réformes nauséabondes pour le monde du travail.

Pourtant le plus souvent, plutôt que de négocier, les directions prennent le parti d’utiliser le pourrissement et la répression comme seules réponses aux revendications légitimes des salariés.

Par exemple, l’interpellation de 74 grévistes d’ERDF GRDF sur Paris en avril, ce qui démontre que les plusieurs semaines de conflit les ont ébranlé.

Sinon pourquoi cette interpellation musclée et cette garde à vue (avec déshabillage complet et mise à 4 pattes, comme des délinquants sexuels ou des trafiquants de drogue) auraient-elles eu lieu ?

Ne manquer aucune occasion de dire stop…

La mobilisation du 29 juin prochain est une formidable occasion de sensibiliser les salariés au sujet de la manipulation dont ils sont victimes :

les voyous ne sont pas du côté que l’on croit… Car de réelles menaces pèsent sur les droits élémentaires des salariés d’aujourd’hui et de demain :

  • démocratie, liberté d’expression, droit de grève, droit à la retraite, droit à la santé, l’épanouissement au travail…
  • Sans papiers, chômeurs, précaires, salariés et retraités, jeunes et vieux, privé et public, nous devons unir nos forces pour riposter : il n’y a pas une seconde à perdre.

Ainsi, la question des libertés syndicales, c’est l’affaire de tous !

Question à Pascal GALEOTE, Secrétaire général du syndicat CGT des personnels du Port Autonome.

Q : A ton avis , pourquoi une telle répression syndicale dans la période ?

P.G. : Tout d’abord on ne peut parler de répression syndicale sans rappeler les conséquences de la criminalisation syndicale dans certains pays. Et cette situation est de plus en plus inquiétante , par exemple de tous les syndicalistes tués dans le monde, 80% d’entre eux l’ont été en Colombie.

En 10 ans, 1925 syndicalistes ont été assassinés par les paramilitaires. Un syndicat implanté dans les entreprises Coca-Cola et Nestlé en Colombie compte à lui seul 14 militants assassinés, 2 exilés, 48 expulsés et 2 disparus.

Cela ne doit pas nous amener à minorer ce qui se passe dans notre pays, mais au contraire, nous permettre de constater que les gouvernements totalitaires, utilisent la force pour supprimer toute conviction politique et sociale.

Les mouvements sociaux qui se sont succédés ont démontré le potentiel contestataire que le peuple français pouvait faire valoir, et la criminalisation syndicale est un moyen d’enrayer cela.

Les dirigeants de notre pays cherchent à étouffer toute opposition et chaque jour nous constatons la remise en cause des droits fondamentaux sur les libertés, de penser et de s’exprimer.

La répression ou criminalisation est liée au " pouvoir de nuisance" pour les actionnaires que la CGT est capable d’organiser.

Il est donc impératif de continuer à s’opposer avec détermination et de s’élever face cette dérive inquiétante.

Q : Pourquoi est-il important de se mobiliser le 29 juin ?

P.G. : Un symbole avant tout, celui que représente notre camarade Charles pour le pouvoir politique et patronal (ils en rêvent depuis longtemps).

Militant au comité chômeur et maintenant engagés dans une lutte soulevant les travers et les pratiques mafieuses de patrons peu scrupuleux.

La remise en cause du code du travail dans ses articles les plus élémentaires concernant la précarité de l’emploi, sont autant de raison de se mobiliser le 29 juin !!

Un message politique et un soutien sans faille, à nos camarades qui subissent ces attaques personnelles

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