Ne parlez pas d’acquis. En face, le patronat ne désarme jamais (Ambroise CROIZAT)
30 Mars 2009
La mobilisation du 19 mars 2009 a connu une ampleur incontestable, tant par le nombre de grévistes, du privé comme du public, que par le nombre de manifestants qui se sont retrouvés pour redire haut et fort qu’ils n’ont pas à payer une crise dont ils ne sont pas responsables.
Le gouvernement et le patronat doivent entendre ce que disent les salariés et répondre aux propositions de l’intersyndicale.
Les revendications en matière d’emploi dans le privé comme dans le public, de pouvoir d’achat et de relance économique, de garanties collectives, de services publics et de réglementation de la sphère financière qui s’étaient déjà exprimées le 29 janvier sont encore plus d’actualité aujourd’hui face à l’aggravation de la crise et de ses conséquences.
Le gouvernement s’entête à justifier des mesures comme le bouclier fiscal ou la défiscalisation des heures supplémentaires, alors même qu’elles aggravent les injustices et sont contre-productives face au développement du chômage.
Il persiste dans sa politique de suppression d’emplois publics.
Des entreprises continuent à privilégier la rentabilité financière et à utiliser la crise pour accélérer des restructurations. Les suppressions d’emplois qui s’enchaînent renforcent l’inquiétude des salariés pour leur avenir et rendent légitime leur colère.
Face aux intransigeances gouvernementale et patronale, les organisations syndicales décident, sur la base de leur déclaration intersyndicale du 5 janvier, de rechercher les modalités les plus adaptées pour donner encore plus d’efficacité aux prochaines mobilisations.
Dans ce contexte, elles mettent notamment en débat l’étape importante que constitue le 1er mai.
Elles se retrouveront le 30 mars pour décider, en particulier, des prolongements au 29 janvier et au 19 mars.
A l’occasion du G20, elles rappellent leurs exigences de nouvelles régulations financières et sociales internationales contenues dans leur plate-forme du 5 janvier 2009 et exigent du Président de la République qu’il agisse en ce sens.
Les organisations syndicales réaffirment leur détermination à soutenir de toutes les manières possibles les salariés avec leurs syndicats engagés dans des actions. Elles appellent leurs organisations à amplifier les mobilisations et les initiatives
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A Marseille, 300.000 manifestants ont défilé jeudi selon les syndicats, 24.000 selon la police, une différence énorme dans les décomptes mais que l’on retrouve lors de chaque grande manifestation dans cette ville.
En 2006, lors des manifestations organisées le 18 et le 28 mars puis le 4 avril pour demander le retrait du contrat de première embauche (CPE), les syndicats avaient annoncé dans la cité phocéenne une mobilisation de 130.000 manifestants pour la première journée puis de 250.000 pour les deux suivantes, quand la préfecture faisait état de 7.000 personnes le 18 mars, 28.000 le 28 mars et 35.000 le 4 avril.
Cet écart important avait donné lieu à des contestations, notamment de la part du syndicat UNSA-police de Marseille, dont un représentant avait, comme les organisateurs, évoqué un nombre approchant les 250.000 manifestants.
Le contrôleur général René Bailly, directeur régional des Renseignements généraux, avait lui confirmé les chiffres officiels et qualifié "d’abracadabrantesques" ceux des syndicats.
Interrogés jeudi par l’AFP, les deux fournisseurs de chiffres - police/préfecture d’un côté, syndicats de l’autre - ont campé sur leurs annonces et se sont imputés réciproquement la responsabilité de l’exagération des chiffres.
"Les vingt mille ont été annoncés alors que la manif n’était pas partie, c’est du n’importe quoi, ils n’ont même pas pris la peine de compter", s’est insurgé Thierry Pettavino de l’union départementale CGT.
Se bornant à répéter le chiffre des 24.000, police et préfecture n’ont pas souhaité commenter officiellement plus largement ces chiffres, certains qualifiant le sujet de "sensible".
Partie à 10h30 du Vieux-Port, la manifestation a emprunté un itinéraire d’environ trois kilomètres et alors que les premiers manifestants commençaient à se disperser à l’arrivée, le gros du cortège était toujours au Vieux Port.
Les derniers manifestants - les sympathisants du PS et de Sud - ont dû patienter près de trois heures pour pouvoir remonter la Canebière.
"Au-delà de la querelle de chiffres", cette manifestation "a été à la fois plus et moins massive, plus massive que celles contre le CPE, car elle touchait plus de corps de métiers, mais avec moins de représentants de chaque secteur", a indiqué à l’AFP Raphaël Liogier, professeur de sociologie à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence.
(afp)