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Union Locale CGT La Ciotat

Ne parlez pas d’acquis. En face, le patronat ne désarme jamais (Ambroise CROIZAT)

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Etat des lieux des richesses

"C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches" (V. Hugo)

Les inégalités se sont fortement creusées au cours des dix dernières années selon l'enquête revenus fiscaux et sociaux publiée par l'Insee. Les plus riches se sont enrichis, les plus pauvres se sont appauvris. En 2011, le niveau de vie médian* s'établit à 1.610 euros par mois par unité de consommation (UC) **.

Le CERC (conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale) considère comme riches les personnes qui appartiennent aux 10% les plus aisés.

La richesse englobe les revenus et le patrimoine : salaires, actifs financiers, biens mobiliers et immobiliers.

L’inégalité des patrimoines est encore plus accentuée que celle des revenus.

La richesse est concentrée sur 10 % de la population : 9 % de riches, 1 % de très riches dont 0,01 % de très très fortunés.

Il n’y a pas de seuil de richesse comme il y en a un pour la pauvreté mais on admet qu’une personne est fortunée avec 400 000 € de patrimoine et 2700 € net de revenu par mois.

*   La moitié de la population touche moins, la moitié touche davantage.

     ** Le premier adulte vaut 1 UC, les autres 0,5 et les enfants de moins de 14 ans 0,3.

 

L’indécente inégalité dans la répartition des richesses produites

Pendant que chômage et misère progressent, les richesses produites en France continuent de s'accroître.

La France se classe au 7e rang de la richesse moyenne par ménage dans le monde.

On estime à 2, 2 millions le nombre de millionnaires soit plus que dans n'importe quel autre pays européen.

L’écart des revenus d’activité va de 1 à 500 et celui du patrimoine de 1 à dix millions !

Dans une société totalement égalitaire, les 10 % les plus pauvres détiendraient la même proportion de patrimoine que les 10 % les plus riches mais en France, les 10 % les plus riches possèdent 48 % de la totalité du patrimoine national, les 50 % les moins fortunés en possèdent 7 %...

Les dirigeants de grandes entreprises peuvent gagner en une année, 6 fois ce qu’un smicard percevra durant une vie active de 42 ans…

Cette concentration de richesses serait semblable à celle estimée à la veille de la Révolution Française.

Une situation qui montre un acheminement de l’argent vers les profits et non vers les investissements et les salaires. 

 

La crise ? Vive la crise ! 

La crise n’empêche pas que la France continue à s’enrichir.

La rémunération des grands patrons du CAC 40 a encore progressé en 2011pour atteindre en moyenne 4, 2 millions d’euros.

Quatorze dirigeants français ont dépassé en 2011, 4, 6 millions d’euros soit 240 Smic.

A l'extrême, Liliane Bettencourt a perçu 15 700 ans de Smic en 2005, uniquement en dividendes…

Ceux qui possèdent des actions s'enrichissent actuellement : le CAC 40 a gagné 15% en 2012 et 18% en 2013.

Les 500 premières fortunes de France dont 55 milliardaires (dix de plus qu’en 2011) ont vu leur richesse globale augmenter de 25 % en 1 an. 

Leur richesse cumulée représente 16 % du produit intérieur brut (PIB) et 10 % du patrimoine financier des français.

En tête de liste Bernard Arnault PDG de LVMH, affiche une fortune de 24,3 milliards d'euros, en hausse de 3,1 milliards. Son patrimoine professionnel équivaut à 1,8 million d’années de Smic...

Il est suivi de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, de Gérard Mulliez, du groupe de distribution Auchan et de Bertrand Puech (Hermès).

La dernière du classement affiche 64 millions d’euros de patrimoine.

Quant aux rémunérations des dirigeants d'entreprises publiques, aucune transparence, elles ne sont pas divulguées.

Dans un autre registre, les stars du sport ou du spectacle ne sont pas en reste : le footballeur Thierry Henry aurait touché l'équivalent de 1 200 ans de Smic en 2006,  l'acteur Gérard Depardieu "seulement" 363 ans.

 

Définition inappropriée du PIB

Le produit intérieur brut ou PIB est un indicateur économique de la richesse produite par année dans un pays.

Cet indicateur représente la valeur ajoutée totale des biens et des services produits sur un territoire national.

La France se place au 5ème rang au niveau international avec un PIB d’environ 2 032, 3 milliards d’euros. Ce PIB est très élevé mais le niveau de pauvreté d'une partie croissante de la population y est intolérable.

Le rapport PIB / habitant est utilisé pour mesurer le niveau de vie des habitants mais on peut constater que si le montant annuel des richesses produites en 2012 avait été réparti de façon parfaitement égalitaire, chaque citoyen aurait dû recevoir 27500 euros, soit l’équivalent du montant estimé du PIB par habitant. Or près de 90 % de la population a un niveau de vie annuel inférieur à ce montant de revenu.   Ce résultat nous interroge sur le degré des inégalités dans la répartition des revenus et nous montre que le PIB ne permet pas d'évaluer le bien-être d’une population et qu’il n’est rien de plus qu’un simple calcul monétaire sans aucune valeur.

En effet, le PIB ne dit rien sur notre santé sociale, sur les inégalités, sur les libertés publiques et sur l’état de l’environnement.

Depuis 1990, le Programme des Nations unies pour le développement propose le fameux IDH, l’indicateur de développement humain qui est calculé par la combinaison de trois critères : l’espérance de vie, le niveau éducatif et le revenu par habitant.

Dans le dernier classement des pays par IDH, la France figure en 20e position, juste derrière Singapour, à cause de ses carences en éducation.   

 

Les inégalités de revenus et de patrimoine

Les 10 % les plus riches perçoivent un revenu environ 4 fois supérieur aux 10 % les plus pauvres. Parallèlement, les plus riches possèdent un patrimoine net global 300 fois supérieur aux 10 % les plus pauvres.

Parmi les 3 % des ménages français qui cumulent faible niveau de vie et faible niveau de patrimoine, 31 % ont moins de 30 ans et 13 % sont des retraités. 

 

  • Le seuil de richesse en revenu d’activité

On considère que le seuil de richesse équivaut au double du niveau de vie médian, c'est-à-dire, en 2011, des revenus disponibles mensuels supérieurs à 3220 euros par mois pour une personne seule, 5440 euros pour un couple sans enfant et 7280 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans.

Ces sommes ne représentent pas le même train de vie si l’on possède ou pas un logement en sachant qu’un ménage sur 10 dépense plus de 44 % de son revenu en loyer.

Donc si vous gagnez plus de 1 750 € nets par mois, vous faites partie de la moitié la mieux payée des français, et si c’est plus de 3 500 €, vous faites partie du Top 10 %.

Les 10 % les plus riches (les « hauts salaires ») ont un salaire trois fois supérieur à celui des 10 % les plus pauvres. Leur salaire net mensuel moyen s’établit à 3 317 €. Quant aux 1 % les plus riches (les « très hauts salaires »), leur salaire net moyen s’élève à 7 654 € par mois.

En 2010, 250 000 ménages touchaient plus de 9000 € par mois.

Un quart des très hauts revenus sont des professions libérales.

 

  • Le seuil de richesse en patrimoine

Avec la fin de la croissance, les inégalités sociales liées à la naissance, au patrimoine, à l'héritage sont reparties à la hausse.

Le patrimoine des plus riches progresse de 11 % par an depuis 2004. 

Malgré la crise, selon les derniers chiffres de l'Insee, le patrimoine des ménages a progressé de 4,1% en 2011, pour atteindre 10.411 milliards d'euros.

Plus de 9 ménages sur 10 ont un patrimoine privé (actifs financiers et biens immobiliers).

La moitié des Français possède un patrimoine inférieur à 87 000 € par personne, un tiers n’a pas plus de 10 000 €.

58,1% de ménages sont propriétaires de leur logement. Ils étaient 55,6% en 2000.

La moitié des ménages sans patrimoine ne boucle pas ses fins de mois.
Les 10 % de ménages les plus riches possèdent un patrimoine net global de 501 600 € contre 1 600 € pour les 10 % les plus pauvres.

Entre 2004 et 2010, les 10 % les plus fortunés ont vu leur patrimoine moyen augmenter de 400 000 euros, soit une progression de 47 % tandis que les 10 % de ménages les plus pauvres ont gagné 114 euros...

Les inégalités de patrimoine entre milieux sociaux sont plus importantes que celles liées aux revenus. Le patrimoine des cadres supérieurs (214 000 €) est sept fois plus élevé que celui des employés ou des ouvriers (30 000 €).

La fortune s’accroît avec le temps : le patrimoine des 50-59 ans est quatre fois plus élevé que celui des 30-39 ans, 203 000 € contre 49 000 €.

 

  • « Ne te moque jamais des riches, ça pourrait t’arriver » proverbe tsigane

Pour une personne ayant un revenu d’environ 1350 € et épargnant (?) l’équivalent de 20 %  de son salaire, il lui faudrait plus de 120 années pour atteindre le patrimoine d’un fortuné qui est de 400 000 euros correspondant à 25 années de revenus.

Mise à part quelques exceptions (dirigeants de grandes sociétés, vedettes du spectacle ou du sport), il est donc pratiquement impossible aujourd’hui, sans héritage ou donation, de se constituer un patrimoine de riche par son seul travail.

Compte tenu de la progression du pouvoir d’achat, les ouvriers pourront atteindre le niveau de vie des cadres supérieurs en 150 ans…

Selon une enquête IFOP réalisée en octobre 2012, 78 % des Français perçoivent les riches de façon négative mais 76 % d’entre eux n’ont rien contre le fait de s’enrichir. Et  82 %  ne critiquent pas leur fortune mais leur comportement…

 

L’inégalité devant l'impôt

La fiscalité est nécessaire. Elle joue un rôle de redistribution. Elle permet de financer, par exemple, les dépenses sociales qui représentent 32,1 % du PIB.

Or, en France les riches sont de plus en plus riches et la fiscalité les épargne en partie.

Alors que la majorité des salariés paient l’intégralité de leurs impôts, les riches ont tout loisir de dissimuler leurs fortunes dans les paradis fiscaux.

Il n’y a jamais eu autant d’argent qu’en 2013 dans les paradis fiscaux : 5800 milliards d’euros dont 350 appartenant à des Français.

Les riches bénéficient également d'un contrôle fiscal beaucoup plus clément que celui appliqué aux pauvres.

Aujourd’hui, les multinationales peuvent dégager des milliards d’euros de bénéfice et ne pas payer un euro d’impôt.

Selon un rapport d’information parlementaire, le budget de l’Etat perd 60 à 80 milliards d’euros chaque année du fait de l’évasion fiscale pratiquée par les plus fortunés.

Quant à la fraude à la TVA, elle représente plus de 32 milliards d’euros par an, soit 1,6% du PIB.

Ainsi, ce manque à gagner lié aux fraudes fiscales comblerait largement le déficit public national annuel qui s’élevait à quelques 98 milliards d’euros en 2012 et rendrait inutile les politiques de rigueur.

 

Les moyens et les propositions existent

Face à ces inégalités injustifiables et insupportables qui menacent la cohésion sociale et entraînent des dérives populistes, il est désormais nécessaire d’agir sans attendre.

Selon une enquête réalisée par l’institut CSA, la lutte contre les inégalités constitue une priorité pour 81 % des Français qui pensent que les gouvernements peuvent, s’ils le veulent, les réduire.

 

Dans cette perspective et pour permettre à chacun de satisfaire ses besoins essentiels et participer à la vie publique et politique, la réduction des inégalités passe par une redistribution massive des revenus et des biens afin d’obtenir en priorité :

 

  • la garantie d’un revenu minimum décent et la création d’un revenu maximal,
  • la possibilité de se loger dignement,
  • l’accès à un emploi de qualité,
  • l’accès à un niveau d’éducation suffisant,
  • l’accès aux soins gratuits et universels,
  • l’égalité devant l’impôt et l’obligation de transparence,
  • des mesures pour assurer l’égalité hommes-femmes.

 

        Face à la situation économique et sociale qui se dégrade, il est de la responsabilité des organisations syndicales (malgré les différences d’approche) et en particulier la CGT, d’impulser des mouvements sociaux dans une action coordonnée qui s’appuieraient sur toutes les idées, pistes, propositions et initiatives répondant à une exigence de justice sociale, de protection des personnes et des écosystèmes.

 

       Nous ne pouvons plus nous contenter de promesses. Le comportement et l’implication de chaque citoyen sont déterminants pour arrêter les politiques d’austérité qui conduisent à la récession et à l’aggravation des conditions de vie dans notre pays.

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