Ne parlez pas d’acquis. En face, le patronat ne désarme jamais (Ambroise CROIZAT)
10 Janvier 2016
Trois jours après les attentats du 13 novembre 2015, François Hollande a annoncé devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles plusieurs dispositions pour lutter contre le terrorisme. Il a proposé notamment la déchéance de nationalité française* aux terroristes nés français, mesure chère à la droite et à l’extrême droite mais toujours combattue par la gauche.
* La déchéance de nationalité existe dans notre pays mais elle est réservée aux naturalisés français ayant une double nationalité.
Cette mesure est contraire au principe fondamental de notre droit inscrit dans l'article 1er de notre Constitution - «La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion» - et à la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la Convention européenne des droits de l'homme.
Cette disposition doit absolument être rejetée car dangereuse pour notre cohésion nationale et inefficace pour lutter contre le terrorisme.
- Elle distinguerait les citoyens Français selon leurs origines en stigmatisant une partie de la population et en particulier les Français d'origine maghrébine, qui ne seraient pas considérés comme des français à part entière.
- Elle mettrait à mal le processus d'intégration : le binational avec sa richesse culturelle serait alors considéré comme un terroriste potentiel.
La CGT se prononce sans détour contre la déchéance de nationalité et l'inscription de l'état d'urgence dans la Constitution.
Nous n’acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels.
Notre rejet est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester.